18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 12:11

(Albrecht Dürer, Le Chevalier, la Mort et le Diable, 1513)

On voit ce que j’ai méconnu, on voit aussi de quoi j’ai fait crédit à Wagner et à Schopenhauer – je leur ai fait crédit de moi-même. (Nietzsche contre Wagner, « nous autres antipodes », 2)

Que pourrions-nous désigner, dans cette désolation et cet épuisement de la civilisation présente, qui puisse éveiller en nous l’attente d’une consolation pour l’avenir ? C’est en vain que nous cherchons une seule racine vigoureuse, un seul coin de terre fertile et sain : partout, poussière, sable, torpeur, dépérissement. Qui s’en écarterait, solitaire et désespéré, ne pourrait trouver meilleur symbole que le Chevalier escorté de la Mort et du Diable, tel que Dürer l’a gravé : chevalier cuirassé au regard d’airain, qui suit son chemin de terreur, indifférent à ses horribles compagnons et pourtant sans espoir, seul avec son cheval et son chien. Notre Schopenhauer fut ce chevalier de Dürer : tout espoir lui faisait défaut, mais il voulait la vérité. Il n’en existe aucun qu’on le puisse comparer. (Naissance de la Tragédie, 20)

 

 

(Albrecht Dürer, Melencolia, 1514)

Ne t'irrite pas contre moi, Mélancolie,

Si j'affûte ma plume afin de te chanter,

Au lieu, la tête sur mes genoux renversée,

Ermite sur sa souche, de rester assis.

Tu me vis bien souvent ainsi, hier encore,

Dans les brûlants rayons de soleil matinal :

Un avide vautour criaillait dans le val,

Il rêvait d'un corps mort au bout d'un poteau mort.

 

(A la Mélancolie, poème de 1871, traduction Guillaume Métayer)

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