6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 13:58

(La danse macabre, détail de fresque de Tallinn, 1460)

 

Il est nécessaire de dire qui nous éprouvons comme notre contraste : — les théologiens et tout ce qui a du sang de théologiens dans les veines — toute notre philosophie. Il faut avoir vu de près cette destinée, mieux encore, il faut l’avoir vécue, il faut avoir presque péri par elle pour ne plus comprendre la plaisanterie dans ce cas (la libre pensée de messieurs nos hommes de science, de nos physiologistes est à mes yeux une plaisanterie, la passion leur manque dans ces questions, il leur manque d’avoir souffert avec elles). Cet empoisonnement va beaucoup plus loin qu’on ne le pense : j’ai trouvé l’instinct théologique de l’orgueil partout où aujourd’hui on se sent « idéaliste », partout où, grâce à une origine plus haute, on s’arroge le droit de regarder la réalité de haut, comme si elle nous était étrangère.. L’idéaliste, tout comme le prêtre, a toutes les grandes idées en main (et non seulement en main !), il en joue avec un dédain bienveillant contre la « raison », les « sens », les « honneurs », le « bienêtre », la « science », il se sent au-dessus de tout cela, comme si c’étaient des forces pernicieuses et séductrices, au-dessus desquelles « l’esprit » plane en une pure réclusion : comme si l’humilité, la chasteté, la pauvreté, en un mot, la sainteté, n’avaient pas fait jusqu’à présent beaucoup plus de mal à la vie que n’importe quelles choses épouvantables, que n’importe quels vices… Le pur esprit est le pur mensonge. Tant que le prêtre passera encore pour une espèce supérieure, le prêtre, ce négateur, ce calomniateur, cet empoisonneur de la vie par métier, il n’y a pas de réponse à la question : qu’est-ce que la vérité ? La vérité est déjà placée sur la tête si l’avocat avéré du néant et de la négation passe pour être le représentant de la vérité… (Antéchrist, § 10)

Si l’on considère que chez presque tous les peuples le philosophe n’est que le développement du type sacerdotal, cet héritage du prêtre, ce faux-monnayage devant soi-même, ne surprend plus. Quand on a des devoirs sacrés, par exemple de rendre les hommes meilleurs, de les sauver, de faire leur salut, quand on porte la divinité dans sa poitrine, quand on est l’embouchure d’impératifs supraterrestres, on se trouve, avec une pareille mission, déjà en dehors d’évaluations purement conformes à la raison, — sanctifié soi-même déjà par une pareille tâche, type soi même d’une hiérarchie supérieure !… En quoi la science regarde-telle un prêtre ! Il se trouve trop haut pour elle ! Et le prêtre a régné jusqu’ici ! — Il détermine la conception du « vrai » et du « faux » !…(Antéchrist, § 12)

Le prêtre, abuse du nom de Dieu : il appelle « règne de Dieu » un état de choses où c’est le prêtre qui fixe les valeurs ; il appelle « volonté de Dieu » les moyens qu’il emploie pour atteindre ou maintenir un tel état de choses ; avec un froid cynisme, il mesure les peuples, les époques, les individus, selon qu’ils ont été utiles ou qu’ils ont résisté à la prépondérance sacerdotale. Voyez-les à l’oeuvre : sous les mains des prêtres juifs, la grande époque de l’histoire d’Israël devint une époque de décomposition ; l’exil, le long malheur se transforma en une punition éternelle pour la grande époque, une époque où le prêtre n’était pas encore. Ils ont fait, selon les besoins, des figures puissantes et très libres de l’histoire d’Israël, de misérables cagots et des hypocrites, ou bien des « impies », ils ont simplifié la psychologie de tous les grands événements jusqu’à la formule idiote « d’obéissance ou de désobéissance envers Dieu ». Un pas de plus : « la volonté de Dieu », c’est-à-dire la condition de conservation pour la puissance du prêtre, doit être connue ; pour atteindre ce but, il faut une « révélation ». Autrement dit : une grande falsification littéraire devient nécessaire, on découvre les « Saintes Écritures », on les rend publiques avec toute la pompe hiérarchique, avec des jeûnes et lamentations à cause du long état de péché. La « volonté de Dieu » était fixée depuis longtemps : tout le malheur consiste en ce que l’on s’est éloigné de l’« Écriture Sainte »… A Moïse déjà, la « volonté de Dieu » s’était manifestée… Qu’est-ce qui était arrivé ? Le prêtre, avec sévérité et pédanterie, avait formulé, une fois pour toutes, les grands et les petits impôts dont on lui était redevable (ne pas oublier les meilleurs morceaux de viande, car le prêtre est un mangeur de beefsteak), ce qu’il voulait avoir, ce qui « était la volonté de Dieu »… Dès lors toutes les choses de la vie sont ordonnées de telle façon que le prêtre devient partout indispensable. A tous les événements naturels de la vie, la naissance, le mariage, la maladie, la mort, pour ne pas parler du sacrifice (le repas), le parasite apparaît pour les dénaturer, pour les « sanctifier » dans sa langue… Car il faut comprendre ceci : toute coutume naturelle, toute institution naturelle, (l’Etat, la justice, le mariage, les soins à donner aux pauvres et aux malades), toute exigence inspirée par l’instinct de vie, en un mot, tout ce qui a sa valeur en soi, est déprécié par principe, rendu contraire à sa valeur, pour qu’après coup une sanction devienne nécessaire ; il est besoin d’une puissance qui confère une valeur, qui partout nie la nature et qui par cela seulement crée une valeur… Le prêtre déprécie, profane la nature : c’est à ce seul prix qu’il existe. La désobéissance envers Dieu, c’est-à-dire envers le prêtre, envers « la loi », s’appelle maintenant « le péché », les moyens de se réconcilier avec Dieu sont, comme de juste, des moyens qui assurent encore plus foncièrement la soumission au prêtre : le prêtre seul « rachète »… Vérifiés psychologiquement, dans toute société organisée sacerdotalement, les « péchés » deviennent indispensables, ils sont proprement les instruments de la puissance, le prêtre vit par les péchés, il a besoin que l’on « pèche »… Dernier axiome : « Dieu pardonne à celui qui fait pénitence », autrement dit : à celui qui se soumet au prêtre. (Antéchrist, § 16)

Il faut que l’on sache aujourd’hui qu’un théologien, un prêtre, un pape, à chaque phrase qu’il prononce, ne se trompe pas seulement, mais qu’il ment, — qu’il ne lui est plus permis de mentir par innocence ou par ignorance. Le prêtre, lui aussi, sait comme n’importe qui, qu’il n’y a plus de « Dieu », plus de péché », plus de « Sauveur », — que le « libre arbitre », « l’ordre moral » sont des mensonges : le sérieux, la profonde victoire spirituelle sur soi-même ne permettent plus à personne d’être ignorant sur ce point… Toutes les idées de l’Église sont reconnues pour ce qu’elles sont, le plus méchant faux-monnayage qu’il y ait, pour déprécier la nature et les valeurs naturelles ; le prêtre lui-même est reconnu pour ce qu’il est, la plus dangereuse espèce de parasite, la véritable tarentule de la vie… Nous savons, notre conscience sait aujourd’hui, — ce que valent ces inquiétantes inventions des prêtres et de l’Église, à quoi elles servaient. Par ces inventions fut atteint l’état de pollution de l’humanité dont le spectacle peut inspirer l’horreur, — les idées d’ « au-delà », « jugement dernier », « immortalité de l’âme », l’« âme » elle-même : ce sont des instruments de torture, des systèmes de cruauté dont les prêtres se servirent pour devenir maîtres, pour rester maîtres… Chacun sait cela : et quand même tout reste dans l’ancien état de choses. Où donc est allé le dernier sentiment de pudeur, de dignité devant soi-même, si même nos hommes d’État, une sorte d’hommes généralement très francs, foncièrement antéchrists en action, s’appellent aujourd’hui encore des chrétiens et vont à la sainte Cène… Un jeune prince à la tête de ses régiments, superbe expression de l’égoïsme et de l’orgueil de son peuple, — mais, sans aucune pudeur, s’avouant chrétien !… Que nie donc le christianisme ? Qu’est le « monde » pour lui ? Quand on est soldat, juge, patriote ; quand on se défend ; quand on tient à son honneur ; quand on veut son propre avantage ; quand on est fier… La pratique de tous les moments, chaque instinct, chaque évaluation devenant action, est aujourd’hui antichrétienne ; quel avorton de fausseté doit être l’homme moderne pour ne pas avoir honte, quand même, de s’appeler chrétien !… (Antéchrist, § 38)

À-t-on en somme compris la célèbre histoire qui se trouve au commencement de la Bible, — l’histoire de la panique de Dieu devant la science ?... On ne l’a pas comprise. Ce livre de prêtre par excellence commence, comme il convient, avec la grande difficulté intérieure du prêtre : i l n’a qu’un seul grand danger, donc « Dieu » n’a qu’un seul grand danger. Le Dieu ancien, tout à fait « esprit », tout à fait grand prêtre, perfection tout entière, se promène dans son jardin : cependant il s’ennuie. Contre l’ennui, les Dieux mêmes luttent en vain. Que fait-il ? Il invente l’homme, — l’homme est divertissant... Mais voici, l’homme aussi s’ennuie. La pitié de Dieu pour la seule peine qui caractérisa tous les paradis ne connaît pas de bornes : aussitôt il créa encore d’autres animaux. Première méprise de Dieu : l’homme ne sut pas se divertir non plus des animaux, — il régna sur eux, il ne voulut même pas être « animal ». — Donc Dieu créa la femme. Et en effet l’ennui cessa, — et bien d’autres choses encore ! La femme fut la seconde méprise de Dieu. — « Par essence toute femme est un serpent, Heva » — c’est ce que sait chaque prêtre : « c’est de la femme que vient tout le mal dans le monde » — c’est ce que sait également chaque prêtre, « Donc la science aussi vient d’elle »... Ce n’est que par la femme que l’homme a mangé de l’arbre de la connaissance. — Qu’arriva-t-il ? Le Dieu ancien fut pris d’une panique. L’homme lui-même était devenu sa plus grande méprise, il s’était créé un rival, la science rend égal à Dieu, c’en est fini des prêtres et des Dieux, si l’homme devient scientifique ! — Morale : la science est la chose défendue en soi, — elle seule est défendue. La science est le premier péché, le germe de tout péché, le péché originel. Cela seul est la morale. — « Tu ne connaîtras point » : — le reste s’ensuit. — La panique de Dieu ne l’empêche pas d’être rusé. Comment se défend-on contre la science ? Ce fut longtemps son plus grand problème. Réponse : Que l’homme sorte du paradis. Le bonheur, l’oisiveté évoquent des pensées, — toutes les pensées sont de mauvaises pensées... L’homme ne doit pas penser. — Et le « prêtre en soi » invente la peine, la mort, le danger mortel de la grossesse, toutes sortes de misères, la vieillesse, le souci, la maladie avant tout, — rien que des moyens de lutte avec la science ! La misère ne permet pas à l’homme de penser. Et malgré tout ! ô épouvante ! l’oeuvre de la connaissance se dresse gigantesque, sonnant le glas du crépuscule des Dieux. — Qu’y faire ? — Le Dieu ancien invente la guerre, il sépare les peuples, il fait que les hommes s’anéantissent réciproquement (— les prêtres ont toujours eu besoin de la guerre...). La guerre est, entre autres, un grand trouble-fête de la science ! — Incroyable ! la connaissance, l’émancipation du joug sacerdotal augmentent malgré les guerres. — Et le Dieu ancien prend une dernière décision : « L’homme devint scientifique, — cela ne sert de rien, il faut le noyer ! »...(Antéchrist, § 48)

On m’a compris. Le commencement de la Bible contient toute la psychologie du prêtre. — Le prêtre ne connaît qu’un seul grand danger : la science, la notion saine de cause et d’effet. Mais la science ne prospère en général que sous de bonnes conditions, il faut avoir le temps, il faut avoir de l’esprit de reste pour « connaître »... « Donc il faut rendre l’homme malheureux », ce fut de tous temps la logique du prêtre. — On devine ce qui, conformément à cette logique, est entré dans le monde : — le « péché »... l’idée de culpabilité et de punition, tout l’ « ordre moral » a été inventé contre la science, — contre la délivrance de l’homme des mains du prêtre... L’homme ne doit pas sortir, il doit regarder en lui-même ; il ne doit pas voir les choses avec raison et prudence pour apprendre, il ne doit pas voir du tout : il doit souffrir... Et il doit souffrir de façon à avoir toujours besoin du prêtre. — À bas les médecins ! On a besoin d’un sauveur. — L’idée de faute et de punition, y compris la doctrine de la « grâce », du « salut » et du « pardon » — rien que des mensonges sans aucune réalité psychologique, inventés pour détruire chez l’homme le sens des causes ; ils sont un attentat contre l’idée d’effet et de cause ! — Et ce n’est point un attentat avec le poing, le couteau, la franchise dans la haine et l’amour. Non, les instincts les plus lâches, les plus rusés, les plus bas sont en jeu. Un attentat de prêtre. Un attentat de parasite ! Le vampirisme de sangsues pâles et souterraines !... Si les conséquences naturelles d’un acte ne sont plus « naturelles », mais si l’on se les figure provoquées par des fantômes de superstition, par « Dieu », des « esprits », des « âmes », comme conséquences « morales », récompense, peine, avertissement, moyen d’éducation, c’est que la condition première de la connaissance est détruite, — c’est que l’on a commis le plus grand crime contre l’humanité. — Le péché, encore une fois, cette forme de pollution de l’humanité par excellence, a été inventé pour rendre impossible la science, la culture, toute élévation, toute noblesse de l’humanité ; le prêtre règne par l’invention du péché.(Antéchrist, § 49)

Je ne puis me dispenser ici d’une psychologie de la « foi » et des « croyants », au profit même des « croyants ». Si aujourd’hui encore il y en a qui ignorent à quel point il est indécent d’être « croyant » — ou bien que c’est un signe de décadence, de volonté de vie brisée —, demain déjà ils le sauront. Ma voix atteint même ceux qui entendent mal. — Il semble exister entre chrétiens, si je n’ai mal compris, une sorte de critérium de vérité que l’on appelle « preuve de la force ». « La foi sauve ; donc elle est vraie. » — On pourrait d’abord objecter ici que le salut à venir n’est pas prouvé, mais seulement promis : le salut est lié à la condition de « foi », — o n doit être sauvé, — puisque l’on croit. Mais comment démontrerait-on ce que le prêtre promet au croyant comme l’ « au-delà » qui échappe à tout contrôle ? La prétendue « preuve de force » n’est donc au fond de nouveau qu’une foi en la réalisation de l’effet qui promet la foi. En formule : « Je crois que la foi sauve ; — donc elle est vraie. » — Mais ceci nous conduit déjà au bout. Ce « donc » serait l’absurdité même, transformée en critérium de vérité. — Admettons pourtant, avec un peu de déférence, que le salut à venir est démontré par la foi (— non seulement prouvé, non seulement promis de la bouche suspecte d’un prêtre) : Le salut — à parler d’une façon plus technique, le plaisir — serait-il jamais une preuve de la vérité ? Si peu que, quand des sensations de plaisir se mêlent de répondre à la question « qu’est-ce qui est vrai ? », nous avons presque la contre-preuve et en tous les cas la plus grande méfiance de la « vérité ». La preuve du « plaisir » est une preuve de « plaisir », — rien de plus ; comment saurait-on vraiment que des jugements vrais causent un plus grand plaisir que des jugements faux, et que, conformément à une harmonie préétablie, ils entraîneraient nécessairement derrière eux des sensations de plaisir ? — L’expérience de tous les esprits sérieux et profonds enseigne le contraire. On a dû conquérir par la lutte chaque parcelle de vérité, on a dû sacrifier tout ce qui tient à nous, tout ce qu’aimait notre amour et notre confiance en la vie. Il faut de la grandeur d’âme : Le service de la vérité est le plus dur service. Qu’est-ce qui s’appelle donc être loyal dans les choses de l’esprit ? Être sévère pour son coeur, mépriser les « beaux sentiments », se faire une question de conscience de chaque oui et non ! ——— La foi sauve : donc elle ment...(Antéchrist, § 50)

Les prêtres qui dans ces sortes de choses sont beaucoup plus fins, ont très bien compris la contradiction qui se trouve dans l’idée de conviction, c’est-à-dire dans une habitude de mentir par principe, dans un but précis. Ils ont emprunté aux Juifs la prudence d’introduire dans ce cas l’idée de « Dieu », de « volonté de Dieu », de « révélation divine ». Kant lui aussi avec son impératif catégorique se trouvait sur le même chemin : ici, sa raison devint pratique. — Il y a des questions où l’homme ne peut pas décider du vrai ou du faux ; toutes les questions supérieures, tous les problèmes de valeur supérieure se trouvent par delà la raison humaine... Comprendre les frontières de la raison, — cela seul est la véritable philosophie... À quoi bon Dieu donna-t-il à l’homme la révélation ? Comment, Dieu aurait-il fait quelque chose de superflu ? L’homme ne peut pas savoir par lui-même ce qui est bien ou mal, c’est pourquoi Dieu lui enseigna sa volonté... Morale : le « prêtre » ne ment pas, — la question de « vrai » et de « faux » dans les choses dont parlent les prêtres ne permet pas du tout le mensonge. Car pour mentir il faudrait pouvoir décider ce qui est vrai. Mais c’est ce que l’homme ne peut pas ; ce qui fait que le prêtre n’est que le porte-voix de Dieu. — Un pareil syllogisme de prêtre n’est pas absolument le propre d’un juif et d’un chrétien ; le droit au mensonge et la prudence de la « révélation » appartiennent au type du prêtre, aux prêtres décadents tout aussi bien qu’aux prêtres païens — (païens sont tous ceux qui disent oui à la vie, pour qui « Dieu » est le mot pour le grand oui à l’égard de toutes choses). — La « loi », la « volonté de Dieu », le « livre sacré », l’ « inspiration » — des mots qui ne désignent que les conditions nécessaires au pouvoir du prêtre, pour maintenir le pouvoir du prêtre, — ces idées se trouvent au fond de toutes les organisations sacerdotales, de tous les gouvernements ecclésiastiques et philosophiques. Le « saint mensonge » — commun à Confucius, au Livre de Manou, à Mahomet et à l’Église chrétienne — : ce mensonge se retrouve chez Platon « La Vérité est là » : cela signifie partout, le prêtre ment... (Antéchrist, § 55)

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : La Caverne de Zarathoustra
  • : Lecture de Nietzsche : Le carnet de voyage de l'Argonaute. (lectures et sources audio-vidéo).
  • Contact

Catégories