Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 17:40
La-jeunesse-de-Bacchus
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Le Banquet auquel Zarathoustra nous convie est à l’image des Bacchanales. Cette festivité n’est donc pas dépourvue de certains grands dangers, si l’on considère que l’invité patiemment attendu n’est autre que le bouc émissaire de l’holocauste… Les brebis noires sont très attendues pour l’heure de leur sacrifice. Point de rêverie donc pour le promeneur solitaire, car en ce lieu il est plus prudent de s’y inviter soi-même. De petits pas discrets pour de grands regards indiscrets, le lecteur doit pénétrer le livre avec le pas léger et vigilant du chasseur . Le lecteur qui tenté par la gourmandise s’inocule avec appétit les fruits de l’ivresse, entame alors une danse endiablé avec Dionysos sur son dos. Mais le dos est bien de la lame perfide, ne nous laissons pas tromper par l’image et entraver par la toile du rêve. Le banquet de Zarathoustra est un festin solitaire auquel l’hôte s’invite à présider et à manger à sa propre table. En définitive, nous somme résolument seul en face de ces livres tentateurs que la tentation nous amène à ouvrir.

 

 

Et voilà où je reconnais la mission de cette jeunesse, de cette génération de lutteurs et de tueurs de serpents qui annoncent une culture et une humanité plus heureuses et plus belle, sans avoir de ce bonheur futur et de cette beauté supérieure plus qu’un pressentiment plein de promesses. Cette jeunesse souffrira du mal et de son remède, et pourtant elle croit se vanter d’une santé plus robuste et d’une nature plus naturelle que les générations précédentes, adultes et vieillard cultivés du temps présent. Mais sa mission, c’est d’ébranler l’idée que le temps présent se fait de la « santé » et de la « culture », et de susciter la raillerie et la haine contre ces notions hybrides et monstrueuses ; et le signe qui garantit cette santé plus robuste sera justement le fait que cette jeunesse, pour exprimer l’essence de son être, ne peut user d’aucune notion, d’aucun mot d’ordre partisan tiré de la monnaie courante des idées du temps présent, mais elle croit à ses meilleure heures, à une puissance agissante en elle, qui est une puissance en lutte, de dissidence de division, et un sentiment de plus en plus exalté de la vie. On peut contester que cette jeunesse ait déjà de la culture, mais pour quelle jeunesse serait-ce un reproche ? On peut taxer de rudesse et de démesure, mais elle n’est pas encore assez vieille ni assez sage pour savoir se modérer. Avant tout elle n’a pas besoins de feindre qu’elle possède et défend une culture achevée, et elle jouit de tous les réconforts et de tous les privilèges de la jeunesse, surtout d’une probité courageuse et sans calcul et de la consolation exaltante de l’espérance.
Ces espérants, je sais qu’ils comprennent et voient de très près toutes ces généralités et qu’ils les transformeront par leur propre expérience en une pensée personnelle ; les autres pourront n’y voir pour le moment que des vases vides, jusqu’à ce que, tout surpris, ils voient de leurs yeux que ces vases sont pleins et que ces généralités contenaient et concentraient en elles des attaques, des exigences des instincts vitaux, des passions, qui ne pouvaient demeurer cachés. Repoussant ceux qui doutent que le temps tire tout à la lumière, je me tourne pour finir vers cette société d’espérants, pour leur conter sous la forme d’une parabole ce qui a été la marche et le cours de leur guérison et comment ils ont échappé à la maladie historique ; je vais leur raconter leur propre histoire jusqu’au moment où, ayant recouvré la santé, ils pourront de nouveau étudier l’histoire (Seconde inactuelle, 10).

Par Chiron - Communauté : Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris
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  • : Les Argonautes naviguent une nouvelle fois à la recherche de la toison, passant par-delà les limites de la Méditerranée idéale. À mi-chemin les chasseurs de monstres ont surpris avec stupeur que le détroit d’Atlas était ce point de pivot et non une fin pour leur monde. Qu’une fois le titan affranchi de son lourd fardeau, il n’y avait qu’une plume pour soutenir un ciel qu’ils venaient de déchirer.
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